TDAH et alimentation : pourquoi ce n’est pas simplement une question de volonté

Tu sais ce que tu devrais manger. Tu connais probablement déjà les grandes lignes d’une alimentation équilibrée. Pourtant, entre savoir quoi faire et réussir à le faire au quotidien, il peut y avoir tout un monde.

Pourquoi est-ce parfois si difficile d’avoir des comportements alimentaires alignés avec nos objectifs lorsqu’on a un TDAH?

C’est exactement la question que j’ai voulu explorer dans un nouvel épisode du podcast Ambitieusement TDAH avec Dr Hala Lahlou, médecin de famille, certifiée en gestion de l’obésité et elle-même TDAH.

Et la réponse est beaucoup plus complexe que : « Il faut juste avoir plus de volonté. »

TDAH et comportements alimentaires : quel est le lien?

Le TDAH ne touche pas seulement notre capacité à nous concentrer. Il influence notamment notre impulsivité, notre inhibition, notre régulation émotionnelle et nos fonctions exécutives.

Et tout ça peut se retrouver dans notre assiette.

Dans l’épisode, Dr Lahlou explique notamment pourquoi une personne TDAH peut avoir de la difficulté à arrêter de manger un aliment une fois qu’elle a commencé.

Certains aliments procurent également une récompense immédiate particulièrement intéressante pour notre cerveau. Dr Lahlou parle d'ailleurs du « bingo dopamine » : ces aliments combinant par exemple le sucre, le gras, le sel et parfois le croquant qui deviennent extrêmement stimulants.

Le problème n’est donc pas nécessairement de savoir qu’on préférerait ne pas terminer le sac de chips.

Le défi peut être d’arriver à inhiber le comportement dans le moment présent.

Grignotage, dopamine et fatigue décisionnelle

Un autre phénomène dont on parle beaucoup dans l’épisode est le grignotage avec le TDAH.

Est-ce que j’ai réellement faim?

Ou est-ce que je m’ennuie? Est-ce que je cherche de la stimulation? Est-ce que je suis stressée? Fatiguée? Est-ce que mon cerveau essaie simplement d’aller chercher un petit boost pour continuer ce que je suis en train de faire?

Cette distinction peut être particulièrement importante en fin de journée.

Après avoir passé des heures à gérer le travail, les transitions, les enfants, les responsabilités et toutes les petites décisions du quotidien, notre capacité d’autorégulation peut être beaucoup moins grande.

Et c’est souvent précisément à ce moment qu’arrive le fameux : « Tant qu’à y être… »

Et si on arrêtait de miser uniquement sur la discipline?

Une des choses que j’ai particulièrement aimées dans ma discussion avec Dr Lahlou est que nous avons parlé de stratégies concrètes adaptées au fonctionnement du cerveau TDAH.

Par exemple : modifier son environnement, identifier ses aliments déclencheurs, prévoir des aliments faciles à manger, diminuer le nombre de décisions à prendre, planifier certains repas ou encore se donner des balises claires.

Je raconte d'ailleurs dans l'épisode une stratégie toute simple que j'utilise avec le chocolat.

Plutôt que de me demander dix fois dans la journée « Est-ce que je mange du chocolat maintenant? », j’ai déterminé quand je le mange et combien j’en mange.

La décision est déjà prise.

Et pour mon cerveau, enlever une décision peut parfois être beaucoup plus efficace que d’essayer de renforcer ma volonté.

TDAH, hyperphagie et troubles alimentaires : une distinction importante

Dr Lahlou fait également une distinction essentielle entre les comportements alimentaires qui nous nuisent et les véritables troubles des conduites alimentaires, notamment l’hyperphagie et la boulimie.

Manger rapidement, grignoter souvent ou manger devant la télévision n’est pas automatiquement un trouble alimentaire.

Par contre, lorsque les épisodes de perte de contrôle deviennent récurrents, qu’ils entraînent beaucoup de honte ou de culpabilité, qu’on mange en cachette ou qu’on adopte des comportements compensatoires, il est important d’en parler à un professionnel de la santé.

Comprendre le rôle du TDAH peut faire partie de la réflexion, mais certaines difficultés nécessitent un accompagnement spécialisé.

Des stratégies alimentaires plus réalistes pour le TDAH

Ce que je retiens surtout de cette conversation, c’est qu’on gagne énormément à remplacer le jugement par la curiosité.

Au lieu de se demander :

« Pourquoi je suis encore incapable de me contrôler? »

On peut commencer à se demander :

« Qu’est-ce qui se passe dans mon cerveau et dans mon environnement pour que ce comportement soit si difficile à réguler en ce moment? »

Ce changement de perspective ne veut pas dire qu’on n’a aucun pouvoir sur nos comportements.

Au contraire.

Comprendre notre fonctionnement nous permet de développer des stratégies qui travaillent avec notre cerveau plutôt que constamment contre lui.

🎧 Écouter l’épisode sur le TDAH et l’alimentation

Si tu te reconnais dans le grignotage, les cravings, l’impulsivité alimentaire, la difficulté à arrêter de manger certains aliments, la fatigue décisionnelle ou la gestion du poids avec un TDAH, je t’invite vraiment à écouter ma conversation complète avec Dr Hala Lahlou dans Ambitieusement TDAH.

On va beaucoup plus loin dans les explications et, surtout, Dr Lahlou partage plusieurs stratégies très concrètes que tu peux commencer à expérimenter dans ton quotidien.

👉 Écouter l'épisode d'Ambitieusement TDAH sur le TDAH et les comportements alimentaires sur Spotify ou YouTube.

Découvrir Dr Hala Lahlou et son podcast

Si tu as aimé son approche, je t’encourage également à découvrir le travail de Dr Hala Lahlou.

Elle anime le podcast Poids, science et pleine conscience, dans lequel elle vulgarise différents sujets liés à la santé, au poids et à la pleine conscience. Elle propose notamment de courtes méditations pensées pour être plus accessibles aux personnes qui ont de la difficulté à rester immobiles pendant de longues périodes.

Et petit clin d’œil : j’ai moi-même eu la chance d’aller faire un tour à son podcast!

👉 Découvrir le podcast Poids, science et pleine conscience de Dr Hala Lahlou.

Parce qu’au bout du compte, mieux manger avec un TDAH ne commence peut-être pas par essayer encore plus fort.

Ça commence peut-être simplement par mieux comprendre son cerveau.

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