Pourquoi tu te tannes toujours de tes stratégies (et pourquoi ce n’est pas un échec quand tu es TDAH)
Une question qu’on me pose souvent, autant en coaching que par courriel, c’est :
« Amélie, est-ce que toi aussi tu finis par te tanner de tes stratégies ? »
La réponse courte : oui.
La réponse complète : oui, inévitablement. Et c’est normal.
Si tu es TDAH, il y a de fortes chances que tu te reconnaisses là-dedans :
tu trouves une stratégie, un agenda, une routine…
au début, c’est magique.
Et quelques semaines plus tard, tu n’as plus envie.
Tu procrastines, tu abandonnes, puis tu te juges.
Mais le problème n’est pas que tu es « inconstant ».
Le problème, c’est ce qu’on t’a appris à croire sur la constance.
Le cerveau TDAH se tanne… par design
Le cerveau TDAH aime :
la nouveauté
l’apprentissage
l’urgence
les deadlines
Une stratégie, par définition, perd rapidement sa nouveauté.
Utiliser un agenda, planifier, structurer… ce n’est pas stimulant à long terme.
Je me suis achetée une quantité absurde d’agendas dans ma vie.
Des dizaines. Peut-être une centaine.
À chaque fois :
enthousiasme au début
utilisation pendant une ou deux semaines
abandon
culpabilité
Pendant longtemps, j’ai cru que le problème, c’était moi.
Aujourd’hui, je sais que me tanner d’une stratégie ne veut pas dire qu’elle ne fonctionne pas.
Ça veut dire que mon cerveau fait… ce qu’un cerveau TDAH fait.
« Je ne devrais pas avoir besoin de ça »
Même après des années à utiliser mon agenda plusieurs fois par jour, je te le dis franchement :
ça m’écoeure encore parfois.
Je me dis :
« Ce n’est pas juste. »
« Les autres n’ont pas besoin de ça. »
« Je devrais être capable de m’en souvenir. »
Et chaque fois que j’arrête de l’utiliser…
tout prend le bord.
Rendez-vous oubliés.
Informations perdues.
Stress inutile.
J’ai appris quelque chose d’important :
👉 le coût de ne pas utiliser mes stratégies est beaucoup plus élevé que l’effort de les utiliser.
L’anecdote qui m’a fait arrêter de me mentir
Je me souviens d’un rendez-vous où je me suis présentée…
mais ce n’était pas moi qui étais attendue.
Deux personnes dans une salle d’attente.
Une seule avait réellement rendez-vous.
Quand la professionnelle est sortie pour me dire que je m’étais trompée, elle n’a pas fait de drame.
Moi, par contre, j’en ai fait une montagne intérieure.
Honte.
Malaise.
Auto-dévalorisation.
Et surtout : aucun moyen de vérifier, parce que je n’avais rien noté.
C’est là que j’ai fait la paix avec une vérité inconfortable :
👉 je ne peux pas me fier à ma mémoire.
J’ai deux options :
Continuer comme ça et vivre ces situations-là
Utiliser des stratégies qui m’écoeurent parfois, mais qui m’aident à être la personne que je veux être
Ce n’est pas « recommencer ». C’est continuer.
Une des choses qui a le plus changé mon rapport aux stratégies, c’est le langage.
J’ai arrêté de dire :
« Je recommence »
« J’ai encore échoué »
« Je repars à zéro »
Je dis maintenant :
👉 « Je continue. »
Même si j’ai sauté quelques jours.
Même si ce n’était pas parfait.
Même si j’ai décroché un moment.
Ce changement-là a réduit énormément la spirale de honte, qui est souvent la vraie raison pour laquelle on ne revient pas à une stratégie.
Le vrai problème, ce n’est pas l’outil
Quand quelqu’un me dit :
« Moi, les agendas, ça ne fonctionne pas »,
je pose toujours la même question :
👉 Qu’est-ce que tu avais réellement besoin de mettre dedans ?
Dans mon cas, par exemple :
j’ai besoin des heures clairement définies
j’ai besoin de voir mes rendez-vous en ordre chronologique
j’ai besoin d’un espace pour ce qui est critique dans la journée
je n’utilise pas le mensuel (ça ne me sert à rien)
Si l’outil ne correspond pas à ton fonctionnement, il va finir par devenir une source de stress, puis être abandonné.
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est un mauvais ajustement.
Quand tu te tannes, reviens au minimum
Quand je n’ai plus envie d’utiliser une stratégie, je ne force pas tout.
Je reviens à mon minimum viable.
Pour mon agenda, mon minimum, c’est simple :
👉 j’écris mes rendez-vous fixes.
Pas plus.
Pas parfait.
Juste assez pour rester fonctionnelle.
Ensuite, je me repose la question clé :
Pourquoi j’utilise cette stratégie-là, au fond ?
Dans mon cas, c’est parce que la fiabilité est une valeur importante pour moi.
Tu n’as pas besoin d’être constant pour progresser
Je lis beaucoup.
L’an dernier, j’ai lu 33 livres.
Pas de façon constante.
Pas tous les jours.
Avec des périodes très actives… et d’autres presque nulles.
Et pourtant, sur l’année, le résultat est là.
👉 La progression n’a pas besoin d’être stable pour être réelle.
Ce que j’aimerais que tu retiennes
Oui, tu vas te tanner de tes stratégies
Non, ça ne veut pas dire qu’elles sont inutiles
La honte est l’ennemie numéro un du retour à l’action
Tu n’as pas besoin de recommencer, tu continues
Le soutien, la simplicité et l’ajustement sont essentiels
Et surtout :
👉 arrête de penser que la solution, c’est de te taper sur la tête.
Ça ne fonctionne pas. Jamais.
Si tu veux aller plus loin, tu peux retrouver :
des outils gratuits
des ressources
et les infos sur mes accompagnements à venir
Tu peux aussi écouter l’épisode sur le sujet.
Et si cet article t’a parlé, partage-le à quelqu’un qui pense encore que « le problème, c’est lui ».