Pourquoi les vacances sont-elles si difficiles quand on a un TDAH?
Tu attends les vacances depuis des mois.
Tu te promets que cette année, tu vas profiter de l'été, passer du temps dehors, voir tes amis, bouger davantage, lire, ralentir…
Puis, tout à coup, on est dimanche soir.
Tu viens de terminer une semaine de vacances et une seule pensée te traverse l'esprit :
« Je n'ai rien fait. »
Tu te dis que tu as encore gaspillé tes vacances, que ta vie est plate et que les autres semblent profiter de leur été beaucoup plus que toi.
Si tu vis avec un TDAH, j'aimerais te rassurer : cette impression est souvent davantage liée au fonctionnement de ton cerveau qu'à la réalité.
Pourquoi le cerveau TDAH donne l'impression qu'on ne fait jamais assez?
Une des particularités du TDAH, c'est que notre mémoire de travail est moins efficace.
On oublie rapidement ce qu'on a fait.
On accorde énormément d'importance à ce qui ne va pas encore comme on le souhaiterait.
Et notre cerveau nous laisse constamment croire qu'il nous reste « encore du temps ».
Résultat?
Tu oublies les petits moments qui ont pourtant donné de la valeur à ton été.
Le café pris dehors au soleil.
La promenade improvisée.
La soirée avec des amis.
Le déjeuner en famille.
La randonnée que tu attendais depuis longtemps.
Quelques jours plus tard, tout ça disparaît de ta mémoire… et il ne reste que cette impression de ne pas avoir suffisamment profité de tes vacances.
Le paradoxe du TDAH : plus c'est important, plus c'est difficile
On entend souvent dire :
« Si c'est vraiment important pour toi, tu vas trouver la motivation. »
Avec le TDAH, c'est souvent l'inverse.
Les activités qui nous tiennent le plus à cœur sont parfois celles qu'on reporte le plus.
Pourquoi?
Parce qu'elles demandent souvent :
de prendre des décisions;
de s'organiser;
de planifier;
d'accepter une part d'incertitude;
de commencer sans échéance précise.
Notre cerveau préfère alors les activités qui offrent une récompense immédiate : le téléphone, les réseaux sociaux ou simplement… ne rien décider.
Le problème, c'est qu'à long terme, ce ne sont pas ces activités qui nous donnent le plus de satisfaction.
Commencer par définir l'été que tu veux vraiment vivre
Chaque année, je fais le même exercice.
Avant de remplir mon agenda, je me pose trois questions :
Qu'est-ce que j'ai envie de vivre cet été?
Qu'est-ce que je ne veux pas regretter en septembre?
Quelles sont les valeurs que je veux voir transparaître dans mon été?
Pour moi, cette année, une des valeurs importantes est la connexion.
Je veux passer du temps avec les gens que j'aime.
Une autre est le mouvement.
J'ai envie de faire du paddleboard, du kayak, de la randonnée et de profiter de l'extérieur.
Mais ces choses-là ne se feront pas toutes seules.
Je dois volontairement créer les occasions.
Les valeurs ne suffisent pas : il faut des priorités concrètes
Une valeur n'est pas une action.
Par exemple, si ma valeur est la connexion, mes priorités deviennent :
organiser des soupers avec des amis;
planifier du temps en couple;
contacter les personnes que je veux voir.
Chaque priorité se transforme ensuite en petites actions faciles à réaliser.
C'est ce qui rend le passage à l'action beaucoup plus simple.
Pourquoi je me crée aussi des règles
L'été, j'ai naturellement envie de :
manger plus de desserts;
aller davantage au restaurant;
boire plus souvent de l'alcool;
dormir plus longtemps;
faire moins d'activité physique.
Le problème?
Quand je fais uniquement ce dont j'ai envie sur le moment, je termine souvent ma semaine moins satisfaite.
C'est pourquoi je me crée quelques règles simples.
Par exemple :
un dessert par jour;
l'alcool uniquement les fins de semaine;
bouger tous les jours, même quelques minutes.
Ces règles ne sont pas là pour me priver.
Elles me permettent plutôt de rester alignée avec mes valeurs sans avoir à renégocier chaque décision avec mon cerveau.
La stratégie qui a complètement changé mes étés
Depuis plusieurs années, j'utilise un grand calendrier affiché dans ma cuisine.
J'y inscris :
les activités que j'aimerais vivre;
les moments importants;
mais surtout… tout ce que j'ai réellement fait.
Pourquoi?
Parce que mon cerveau oublie.
Quand je relis mon calendrier, je réalise que j'ai vécu beaucoup plus de choses que ce que j'avais l'impression.
Et surtout, cela m'aide à combattre cette croyance tellement fréquente chez les adultes TDAH :
« Je n'en fais jamais assez. »
La réalité, c'est que ton cerveau n'est pas naturellement programmé pour générer ce sentiment de satisfaction.
Il est constamment à la recherche de la prochaine chose à faire.
Documenter ce que tu vis permet enfin de voir la réalité telle qu'elle est.
Tu veux vivre un été plus intentionnel?
Si ce sujet te parle, je t'invite à écouter l'épisode complet du podcast Ambitieusement TDAH.
Tu peux l'écouter sur Spotify ou YouTube, selon la plateforme que tu préfères.
💛 Petite précision qui me tient particulièrement à cœur : si tu écoutes le podcast sur Spotify, les revenus générés par les publicités sont entièrement remis à la Colonie Sainte-Jeanne d'Arc, un organisme qui offre des séjours estivaux à des jeunes filles ayant un départ dans la vie plus difficile.
Et si tu souhaites aller encore plus loin, je t'invite à rejoindre ma communauté gratuite Momentum TDAH. Chaque mois, tu y trouveras des ateliers, des outils concrets et des stratégies pour mieux comprendre ton fonctionnement et passer à l'action de façon plus intentionnelle.
J'espère sincèrement que cet été ne sera pas celui où tu en feras le plus.
J'espère surtout qu'il sera celui qui sera le plus aligné avec ce qui compte vraiment pour toi.